31 août 2013

Eperon Nord-Ouest de la pointe de France, Ossau


Difficile de prendre la totalité de l'éperon en photo...




Dernier weekend d'août est organisé la fête de la fissure au pic du midi d'Ossau. Grand rassemblement où tout le monde se retrouve pour grimper et passer une bonne soirée conviviale au refuge de Pombie. C'est aussi l'occasion de s'initier à l'escalade traditionnelle encadrer par bénévoles et professionnels.

Au départ, tout le monde est content même s'il fait un peu froid.

Julien dans la très jolie dalle en V+ de la partie inférieure.
Julien et Coralie nous accompagnent, nous passons une super journée avec eux!
Pour nous l'objectif se trouve en face nord: l'Eperon Nord Ouest de la pointe de France. Avec ses 700m de dénivelés, c'est la plus grande voie de l'Ossau. C'est une très belle course , sauvage qui se déroule sur un éperon impressionnant. Ici l'ambiance est montagne, le rocher demande de l'attention, pas toujours bon et l'on trouve peu de pitons. Mais la sortie au sommet de la pointe de France à 2866m, et cette face nord si sauvage en font une super course à  faire!
La voie est divisée en deux parties par la vire de l'Embarradère. La partie inférieure a été ouverte en juillet 1960 par J. Gardien et S. Sarthou. La partie supérieure a été ouverte le 24 juillet 1938 par R. Mailly et R. Ollivier. R. Ollivier qui a d’ailleurs donné sont nom au dièdre en fissure large, à l’époque ça n'a pas dû être une mince affaire!

Petite pause sur la vire de l'Embarradère.

Le fameux dièdre Ollivier

Nous sommes passés par le col de Peyreget, 7h dans la voie avec une petite pause sur la vire de l'Embarradère et descente par la voie normale de l'Ossau.
A la fin de la voie, au niveau de la brèche, nous avons emprunté la variante de sortie: une fissure large pas facile: il faut garder la n°4 pour la fin. Un coinceur bloqué au début.
La voie originale monte au sommet de la brèche et termine droit au dessus dans une zone éboulée. Le passage côté 5+/6a est difficile à protéger. Laisser une lame ou un petit universel serait une bonne chose pour les prochains.

Matos:
-jeu de friend jusqu'au 4
-petits coinceurs
-2 pitons et marteau, les pitons en places sont bons, bien frappés.

Première voie à l'Ossau pour Anouk !

Julien et Coralie sortent à leur tour.

16 août 2013

Pilier central du Frêney

En route pour ...

Le pilier central du Frêney, une page de l'histoire de l'alpinisme.
Au début du mois de juillet 1961, une première tentative constituée de deux équipes: Italienne et française, s'attaquent à un des derniers "problème" de l'époque du massif du Mont Blanc, le pilier rocheux le plus haut en altitude de tout le massif. Pierre Mazeaud, Pierre Kholmann, Robert Guillaume et Antoine Vieille avec Andrea Oggioni, Roberto Gallieni et Walter Bonatti.
Pris dans le mauvais temps, la fin de l'histoire est tragique avec 4 mort sur 7 et la tentative qui échoue à quelques mètres de la fin.

Vestige des ascensions précédentes...

L'attaque
Le "problème" toujours là, c'est seulement un mois plus tard que deux nouvelles équipes tentent leur chance et réussissent la première: Chris Bonington, Ian Clough, Jan Duglosz et Don Whillans du 27 au 29 août 1961 ainsi que la cordée française René Desmaison, Pierre Julien, Ignazio Piussi, Yves Pollet-Villard les 28 et 29 juillet 1961.

Après ce rappel d'histoire, voici notre aventure passée avec mon ami Julien dans cette superbe voie mythique.

Dans le socle puis dans les longueurs du dessus
Le Pilier du Frêney ce situe dans le sauvage versant sud du Mont Blanc. Ici pas de remontée mécanique, juste les jambes pour gravir les 2400 m de dénivelé qui nous séparent du bivouac Eccles.
Au départ nous sommes partis de Toulouse le mercredi soir sur les coups de 16h30. L'objectif étant de rouler un peu, terminer le lendemain et commencer à monter au refuge de Monzino pour couper cette longue marche. Mais la météo est changeante pour ce weekend, il y a un créneau vendredi à ne pas louper. On bourrine donc jusqu'à 1h30 du matin pour se coucher au parking du Frêney versant Italien, point de départ de la marche du lendemain.

7h le réveil sonne. Après une courte nuit, nous démarrons la marche vers 8h30. 2h plus tard nous sommes au refuge de Monzino, on fait une petite pause d'une heure et c'est parti pour le bivouac Eccles situé à 3850m. Nous ne sommes pas sûr d'avoir de la place là haut, on s'active un peu et heureusement car nous arrivons à 15h pour les 2 dernières places! Derrière nous 4 alpinistes vont passer une mauvaise nuit et deux d'entre eux grimperons avec nous demain.
Repos et repas, on est un peu serrés dans ce tonneau en fer.

L'approche vers Monzino puis sur le glacier pour rejoindre Eccles


Le vieux bivouac
Vendredi le réveil sonne à 3h et Julien fête ses 22 ans ! Super cadeau d'anniversaire d'aller au Frêney ! On est remonté à bloc et près à en découdre!
Départ 4h on rejoint le col Eccles, deux rappels derrière bien pourris nous posent versant Frêney au dessus de la rimaye. On traverse et contourne le pilier central pour attaquer le départ de la voie sur les coups de 6h30-7h.


Les premiers longueurs
La cordée qui a dormi à Eccles avec nous a démarré plus tôt mais est beaucoup trop à gauche du pilier. Nous passons le premier socle et une cordée d'Allemand très sympa arrive de l'intégrale de Peuterey. Ils veulent terminer par le Frêney: impressionnant! On les laisse passer.
Tout se passe bien dans la partie basse nous avons un bon rythme et suivons la voie originale. On arrive au pied de la chandelle à 4400 m d'altitude où se concentre les difficultés.



Arrivé à la chandelle !
3 longueurs dans le 7a/7a+ non obligatoires mais quand même à 4400 m avec les sacs: pas à prendre à la légère...
Julien grimpe la première petite longueur. J'attaque ensuite le premier 7a que nous enchaînons tous les deux. Julien repart dans la seconde courte longueur: dur en traversée, libre jusqu'à un pas du relais! Les nuages montent, il commence à faire bien froid et la dernière en 7a+ est celle de la célèbre cheminée: ça à l'air dur. Tant pis pour l'essais en libre, on décide d'artifer et c'est moi qui m'en occupe.
Julien me rejoind et nous avalons rapidement les 3 dernières longueurs qui nous mènent au sommet de la chandelle, il est 16h30.


Le premier 7a


Ju dans le second 7a tout en traversée


Troisième longueur dur, 7a+ avec le passage clef: free climbing !
Un court rappel nous pose au pied de pentes mixtes qui mènent à l'arête du Brouillard, puis Mont Blanc de Courmayeur et enfin The Summit à 18h30 !


Fin de la chandelle

Dans les pentes mixtes du haut pour rejoindre le sommet

Sommet du Mont Blanc !


Mais ce n'est pas terminé, nous descendons par les 3 Monts avec un couché de soleil vraiment magnifique, on arrive sur le plateau du midi et croisons Matthias qui bivouac ici. On dort aux cosmiques et le lendemain nous marchons jusqu'à Torino pour descendre côté Italien récupérer la voiture.
L'aventure du Frêney est enfin terminée après une dernière épreuve pour moi: une belle crise de foie après un Put*** de Mc Do mangé trop vite, "I'm lovin it" qu'ils disent...



Merci à toi mon pote pour cette course DÉMENTE ! Et respect aux anciens !


11 août 2013

Traversée des arêtes du Balaïtous



De Bellefon: "La traversée des trois arêtes classiques du Balaïtous est, lorsque celles-ci sont enchainées dans une même course, une aventure exceptionnelle."

Cette traversée est une grande course qui s'étend sur plus de 2,5 km d'arête passant par l'arête Nord Occidentale et le Balaïtous puis la crête de Costérillou et enfin la crête du Diable.

Notre aventure à nous démarre par un bulletin météo enfin optimiste, sans orage et nous sommes dispos tous les deux. Tout ceci nous mènent à 20h30 à côté du refuge de Larribet où nous ferons notre premier bivouac.
Dans un premier temps la brume du soir, puis la gardienne du refuge le matin, nous laissent un peu perplexe et hésitant pour la suite.


Levé 6h départ 7h30. Après 2h de marche tout se dissipe et nous arrivons au pied de l'Arête Nord Occidentale sans avoir mis les pieds dans la neige: nous sommes en baskets..
Il fait grand beau, tout se déroule bien: Cornes du Diable, aiguille Lamathe et sommet du Balaïtous à 3144m vers 14h.

Dans la Nord Occidentale

Sommet du Bala
 Après une petite pause c'est parti pour attaquer la crête de Costérillou. Cette belle arête est longue en distance et surtout descendante, ce qui peut finalement être plus compliqué quand on est pas à l'aise en désescalade.

Anouk avec la suite du parcours



Avant la pointe de la Défaite, dans une zone de l'arête moins raide et verticale, nous trouvons un emplacement de bivouac vraiment confort et surtout près d'un névé d'où nous pourrons faire de l'eau. Il est 18h30, nous préférons nous arrêter là que de continuer jusqu'à la Demeure Soulé (le seul autre endroit où il y aura de la neige) qui est encore à 2h d'escalade.
Au final bon choix car nous sommes vraiment calés! Le cadre est trop beau, on fait fondre la neige pour faire de l'eau, on mange tranquillement en écoutant de la musique et se couche tôt pour la bonne journée du lendemain.


Au réveil nous sommes orienté plein Est: petit déj' en direct devant un magnifique levé de soleil, vraiment magique, on est trop content d'être là tous les deux !




Nous redémarrons à 7h30 et 2h plus tard, après la pointe de la Défaite et la pointe Durand, nous arrivons à la brèche de la Demeure Soulé. Début de la troisième et dernière arête: la crête du Diable. Très esthétique et effilée, elle est constituée d'une multitude de pointes vertigineuses qu'on gravit puis descend.
Nous atteignons premièrement le pic Soulano, puis départ dans ces pointes acérées. Comme c'est très beau on voit pas le temps passer et nous arrivons à 16h à la fin de notre voyage.
Voilà c'est fait ! Très heureux d'avoir fait ça avec Anouk qui a trop gazé !


L'arête du Diable avec ses cornes

Il reste quand même 4h30 de retour pour retrouver notre voiture, manger et bien dormir !



Questions techniques:
4-5 friends et 4 coinceurs
Nous avions une corde de 40m, c'est passé partout mais avec des manips en plus par endroit. 50m est plus confortable.
Dans ces conditions: pas de crampons, piolet, nous étions en basket sans soucis.
On a croisé personne à part au Balaïtous !


1 août 2013

La Kuffner au Mont Maudit puis Mont Blanc




Sur cette photo, on voit bien notre couloir d'accés, l'arête puis le sommet du Maudit

 Lara me rejoint au refuge Torino par la télécabine d'Helbronner. Demain nous avons pour objectif l'arête Kuffner qui rejoint le Mont Maudit à 4465m. C'est une grande course glacière aux difficultés modérées cotation D longue d'environ 800m très variée, arête neigeuse effilée, corniche, passages rocheux et couloir de glace pour l'attaque tout ça en altitude: le top !
Elle a été gravi pour la première fois par Moritz Von Kuffner, Alexandre Burgener, Josef Furrer et un porteur le 4 juillet 1887. Encore une fois la date de la première ascension avec les techniques et le matériel de l'époque impressionne beaucoup.



Comme nous grimpions tous les deux la veille, nous avons choisi de dormir à Torino pour une organisation plus simple et économiser du poids. On peut dormir au bivouac de la fourche planté sur la première partie de l'arête. Surement très esthétique, mais cette "boite" métallique est petite et nous avons appris qu'il n'y avait pas eu assez de place (11 places pour 14 alpinistes): pas si bonne nuit en perspective...

Après une courte nuit: couché 20h levé minuit, le petit déj' ne passe pas bien nous attaquons la marche. 1h30 pour arriver au pied du couloir d'attaque direct. Nous passons la rimaye avec légèreté et c'est parti pour remonter ce couloir d'environ 100m. Bon regel nocturne, la neige porte bien et la trace est présente, nous gagnions du temps.


Arrivée à l'épaule NE

Nous grimpons le premier ressaut, en haut de celui-ci on peut voir une nuée de frontale arriver du bivouac de la fourche. Nous sommes content de grimper seul tranquillement: Torino levé tôt était une bonne option.
On passe au pied de l'Androsace, gendarme très esthétique, et attaque le second ressaut. Levé de soleil au niveau de l'épaule NE: instant vraiment magique ! Les couleurs, le cadre, l'arête tout se mélange c'est vraiment très beau ! C'est ce genre d'instant qui nous rappel ce pourquoi on fait de la montagne.



En route pour le sommet du Maudit

Nous sortirons au sommet du Mont Maudit à 7h15, on rejoint la voie normale des trois monts: finit la solitude! Comme il est tôt et que nous sommes frais on continue vers le Mont Blanc pour clôturer cette magnifique journée ! Summit à 9h30 puis redescente vers l'aiguille.

TROP CLASSE, merci Lara !

Au sommet du tant convoité Mont Blanc !
Le lien de l'article de Lara bien complet.